pluieP1050271

Il pleut aujourd’hui ? Et alors, demain devrait être bleu, le toit du monde peut changer de couleur, il est peut-être temps de  se mettre en diapason avec ses rêves, quelques uns sont transcrits plus haut, d'autres sont gardés en moi, certains ne verront jamais le jour, quelques uns étaient vraiment utopiques, et d'autres parfaitement improbables,

ciel nuageux suite

ll reste quelques fenêtres à ouvrir probablement.
J'en ai bien une poignée à jeter aux orties, d'autres ne seront qu'éphémères envies, et puis il y a ceux qui ne demandent qu'à s'ouvrir pour de bon, pour ça je sais bien ce qu'il faut faire...I

l n'y a que moi qui ai la clé qui ouvrira la porte, une lichette de potion magique, un biscuit posé sur la table à croquer pour atteindre la bonne taille, suivre le chemin qui me va bien malgré les dédales, encore présents, les choix à faire, les doutes tellement grands, la joie qui parfois s'efface au moindre coup de vent violent et qui me laisse tellement faible ...
Tout ça pour remonter en selle, chaotiquement, une pointe sur la peau, une autre en guise d'arme, parce que l'envie de rendre les blessures ne partira pas d'elle même, bien que parfois les forces soient émoussées par ces actes de se rendre justice.

Demain le ciel sera bleu, que la pluie ait décidé ou non de troubler un peu la journée, en attendant ce soir, c'est un repas en tête à tête qui se prépare, tout en simplicité, avec la peur toujours accrochée viscéralement de ne pas être désirée, d'être jetée, d'être à peine vue, d'être la poison, la responsable, la vilaine, l'emmerdeuse qui empêche le nombril de certains d'enfler et de se voiler ainsi la face sur la part de responsabilité de chacun.
Ce soir j'espère effacer cette peau revêche et me vêtir de douceurs, d'aspect de pêche, et être un  fruit sucré, une fleur sauvage qui se laissera toucher sans arrière pensée de douleur.

Le gâteau sort du four, le plat principal qui dégagera bientôt des odeurs d'épices, de marrons et de champignons, de crèmes et de ravioles servira à enchanter les papilles, une entrée arrosée un ensoleillé Sauterne ouvrira les hostilités, en espérant que je ne me prendrai pas les pieds dans le tapis, ces larmes qui sortent de mon corps comme des assaillants sont si nombres que j'ai parfois l'impression de n'être que liquide salé à l'intérieur...

dans un jardin

Cette hypersensibilité n'est pas qu'un atout, elle n'offre pas que ce belles couleurs, c'est aussi une béquille avec laquelle il me faut composer, qu'il faudrait que j'explique une fois pour tout afin ne pas paraître susceptible, c'est une fragilité qui peut rendre différent, elle devrait rendre plus importante si j'arrive à la maîtriser, à la changer en véritable atout, et ne pas être que spectateur de ce qui n'est pas une infirmité.
Demain, les autres demains, il va falloir prendre de grandes décisions, seule je sais que je n'y arriverai pas, il me faut des regards bienveillants, que les couleurs que je tente de mettre sur mes joues ne soient pas improbables à mettre en place, que mes réactions ne soient pas prises pour du mépris ...Je ne sais pas dire les choses, ma bouche reste bouclée et les mots se bousculent, ne sortent pas dans le bon ordre, seules les larmes se mettent à rouler dans l'air ; à nouveau perdue dans ce qui n'attend que d'être dit, entendu, lu.

J'ai lu il n'y a pas plus de quelques heures que j'avais « dominée » … Recevoir ces insipides phrases et me jeter encore et encore la responsabilité de ce qui n'est pas digéré alors que depuis tous ces mois il m'a fallu sortir d'un puit dans lequel j'ai eu maintes fois envie de ne jamais sortir, de m'y enliser parfois pour de bon..
Qu'à cela ne tienne, j'ai pour moi, en moi mes désirs pour demain, je revêtis parfois l'armure en essayant de laisser glisser les mots, il ne reste plus qu'à se laisser colorer et se vêtir de fleurs ; de cultiver un jardin qui me ressemble et où les cœurs bons pourront s'y poser. Je les reconnaîtrai, je me ferai peut-être avoir parfois, je donne trop parait-il, alors quitte à perdre des morceaux, d'autres n'attendent qu'un nouveau jour pour pousser....

 couleurs

De mes yeux bleus je veux regarder le monde et de mes bras l'attraper entièrement, c'est trop demander ?

*******************************

"Celle-là avait des yeux bleus, de ces yeux bleus qui semblent contenir toute la poésie, tout le rêve,

toute l'espérance, tout le bonheur du monde !."

Monsieur Parent
[ Guy de Maupassant ]