Ca se passe ailleurs, à deux pas de géants de chez moi, sur d'autres rives, là où l'eau fraîche ravive le corps et l'âme

Blog sept oct Aiguèze

Je m'étais fait la promesse d'aller voir ces endroits lorsque j'ai visité la grotte de St Marcel d'Ardèche en août,

blog sept oct1

Est-ce le hasard qui m'a amenée à y venir autrement, légère et pourtant apeurée ?
Je ne sais pas, toujours est-il que malgré les côtes douloureuses d'une chute d'un arbres généreux, c'est donc bien fêlée de ces os que cette route nouvelle s'est ouverte à moi.

Après un passage par un lieu que je garde secret, endroit tenu à l'écart pour, de toute évidence, un amoureux de la nature et du calme, petit partage, cadeau fait à mes yeux le temps de quelques minutes... J'ai senti sur ces pierres devenues lieu de détente et de repli toute la force et l'équilibre de celui qui y passe son temps, sans en connaître ses secrets et ses peines, il suffit de toucher du regard pour savoir que c'est là que la ressource démarre.

blog sept oct6

Tout à coup je me suis sentie comme Alice au pays des merveilles, la porte du paradis est donc là, de SON paradis qu'une statut d'un St Pierre ( logique direz-vous) nous propose de franchir .

blog sept oct3
portes

Pas de lapin blanc en vue, pas plus de lièvre de mars, quelques oiseaux piaillant par-ci par-là, les traces de sangliers dévastateurs sans vergogne, le souvenir de chevaux dont le matériel et la présence palpables donnent encore le frisson à « l'habitant » de ses lieux

blog sept oct6

Mes pieds n'avaient pas marché depuis des mois, depuis une chute tout aussi brutale que celle de l'arbre et aux répercussions bien plus longues à soigner. Il m'a fallu réapprendre à mettre un pied devant l'autre en oubliant le mal fait auparavant ; j'ai dû me laisser porter par les jours nouveaux et faire confiance.
Oh pas en moi, pas immédiatement, et pourtant pour croire aux autres, il faut d'abord croire en soi, faire abstraction de ses peurs, écouter la petite voix qui dit «  vas-y, tu es unique, tu as tout ce qu'il faut pour avancer... » Ca et d'autres choses encore, ôter soi-même la peau de banane qu'on a posé, pas la contourner non, mais l'enlever, la jeter au loin ( dans le compost si possible, elle aura au moins l'avantage de servir la nature généreuse et pourtant si souillée)

blog sept oct5

Et enfin se dire «  cette fois j'y suis, et cette fois je vais y croire, tout faire pour que ça passe, pour que ça se passe bien. »

Ce changement ne se fera pas en un jour, je n'ai pas la baguette magique, pensez-bien si c'était le cas, je l'aurais déjà utilisée, prêtée, enveloppée dans un papier de kraft, j'aurais écrit dessus «  à utiliser quand bon vous semble » je l'aurais posée sur un banc, sur le rebord d'une falaise, aux pieds d'un arbre ….
Des prémices se font sentir, la terre est ressortie, à quelques millimètres d'être centrée, et les jours où elle ne l'est pas, elle se transforme en étoiles, fleurs, papillons ronds, perles … Un projet en devenir qui se met en place d'un jour à l'autre.

Mais je m'égare, il était question d'un autre endroit que celui où je m'attache de plus en plus et surtout de mieux en mieux au bord de l'Eygues. Cet endroit a sa rivière merveilleuse aussi, il ne m'a pas fallu longtemps pour me décider à y nager, avec et contre le courant, la marche sportive au préalable, tout en descente et pourtant un peu difficile pour moi dont les côtes étaient fragilisées et dont les jambes avaient perdu le goût de vivre.

blog sept octmontage2

Cette descente présageait un retour qui donne des couleurs sur les joues, fait tambouriner le cœur si fort qu'on le croirait prêt à sortir de la boite entr'ouverte.

L'eau me sauve, elle est l'énergie après le tumulte et fait repousser les graines de vie à l'intérieur de soi, elle donne la force de se relever, de se réchauffer de l'extérieur pour mettre de l'ardeur à l'intérieur.

montage grotte blog sept oct 1

Une fois sur le retour, il ne m'a pas fallu mettre les deux pieds dans la même chaussure, situation au demeurant inconfortable et qui de toute façon ne permet pas d'avancer bien vite, j'ai laissé les dites chaussures se cramponner aux roches, moi m'accrocher à l'envie d'arriver entière et rassasiée de plaisirs d'avoir réussi, et de recommencer, mes yeux s'arrimer aux paysages sauvés des envies de barrages et promoteurs sans scrupule.

Et depuis d'autres balades, des promesses, des envies de rester debout, un rendez-vous chez un spécialiste qui efface les doutes, un autre à reprendre, parce qu'après tout il me l'avait bien dit «  si vous sentez que vous avez un pneu à plat, revenez, j'ai toutes les rustines »

Depuis quelques semaines il me faut me pincer pour être sûre : à la fois de ne pas rêver, et que je ne suis pas un jouet, pas une autre fois, pas une tentative de femme à bousiller.

Depuis j'ai marché seule ou pas, j'ai été encore perdue, troublée, apeurée, émue …
En ce moment même c'est bien de ça dont il est question : d'émotion, celle qui part du ventre et se diffuse dans tout le corps, laisse parfois anéantie, incapable d'y croire, les doutes sont donc toujours là.

montage bois blog sept oct

Peut-être que le temps qui fait son travail est le seul qui saura me montrer que si je veux tenir debout, je ne le dois qu'à moi-même, et si je veux croire totalement en moi et en ce que je reçois de bon, je suis la seule à posséder la clé, le grimoire, la formule, le plan sur la carte pas tout à fait dessinée

Si demain est un jour à vivre après l'autre, peut-être qu'hier est celui qui détache les racines douloureuses, ( pour apprendre à ne pas regarder en arrière trop longtemps), pour qu'aujourd'hui soit léger et vrai.
Je préfère y croire, me dire que quoiqu'il arrive j'aurai au moins pu vivre ces heures là. Et espérer que les jours à venir seront au moins aussi éblouissants.

 

blog sept oct2

« Vivons aujourd'hui, c'est là que se trouve hier et demain » Jean Michel Ribes