Comment vous dire monsieur que les épines que vous avez jetées sur moi si fort, et qui s'étaient plantées avec violence tombent une à une, à leur place restent des cicatrices que je prends soin d'apaiser ?

En une phrase vous avez tenu à me jeter vos orties à la figure, à me laisser au sol, bien sûr ça a marché, juste le temps pour moi de sentir la fraicheur du sol, son aridité aussi, les aspérités et le goût de la terre, de l'eau des flaques, bien d'autres choses malgré tout bien vivantes...

Et puis un petit miracle, une histoire qui pourrait paraitre impossible, un jeu de rencontres, de coïncidences, de mots dits juste quand il le fallait m'ont permis de confirmer ce que je pressentais...

Vos maudites tentatives pour en faire tomber une autre semble vous glisser entre les doigts, j’ai encore bien du mal à ne pas vous trouver de circonstance, vous m’avez dit un jour «  tu donnes trop, tu es trop entière" Personne n'a envie d'une demie personne, il faudrait être soit incapable d'être entier soit-même, soit avoir les bras trop petits pour attraper ce merveilleux cadeau.

 

 

Même maintenant que je pourrais vous tenir la tête sous l’eau, je me dis que vous avez certainement des raisons pour être tel que vous êtes.
Restent pourtant la carapace que je pose chaque jour sur mes épaules me rappelle de me méfier des troubadours aux jolis mots …J’endosse chaque jour une armure de guerrière, je n’ai pas l’intention de battre des bras, de mouliner vers les vents contrariants, ces agitations contre vous ne valent pas que je perde mon temps, je la garde pour me protéger de ceux de votre espèce, quitte à passer pour une personne froide et fière. Et mon coeur toujours bien à l'abri... Il reprend de couleurs, redevient léger.

en vie

Mais je suis entière …

Si je deviens guerrière c’est uniquement pour combattre, me battre afin d’avoir ce que je veux, sans qu’aucun malencontreux rapace tournoyeur ne vienne me jeter dans la fosse… Il est difficile de se relever quand le dos s’est retrouvé plié, mais une fois la colonne redevenue souple, d’autres choses sont possibles … Je le sais …
Ça sera indubitablement difficile, il va y en avoir des jours fragiles, des portes fermées, des mains sales … Il va aussi y avoir des yeux lumineux, des bras forts, des âmes sincères et c’et de tout ça qu’il est bon de s’entourer …
Sachez monsieur avec un petit m, avec encore pas mal de haine, que je ne vous ferai pas partir de ma mémoire, j’ai passé quelques bons instants, j’ai découvert d’autres lieux, j’y retournerai pour moi, pour voir ce qui se cache derrière, mais certainement pas derrière vous, vous ne valez pas la peine que je perde mon temps, je ne m’adresserai plus à vous …
C’était mon mot de la fin contre vous

THE  END